Le Roscella Bay, théâtre des ultimes réjouissances estivales, distillait amour et fleurs de pissenlits les 21, 22 et 23 septembre derniers. Pour cette 5ème édition, changement terrain, l’espace du Gabut a laissé place au parc le long du chenal du vieux port, en bord de mer. C’est une réelle avancée pour le festival, disposant désormais d’un espace élargi et plus modulable. On le sent, le Roscella a mûrit. Retour sur la cinquième édition du festival.

 

Le Roscella Bay demeure ce petit festival que l’on a vu naître, grandir, nous surprendre, nous délecter, nous assoiffer, nous abreuver ou bien nous réchauffer avec cette programmation unique en France. Ce festival se démarque aussi par sa communication si simple, audacieuse dans ses propos et d’une transparence, ici aussi, unique. L’impression même, que Tonton Hervé est devenu le community manager du festival.

Des posts comme celui-ci, qui nous parle et instaure une relation de proximité avec son public se font rares dans le paysage culturel français. Une relation honnête, fidèle aux valeurs de la scène alternative, que l’on aimerait voir plus souvent.

 

 

Néanmoins, c’est la larme à l’œil et nostalgiques, que nous dansons désormais dos à l’espace du Gabut, et avec lui ses tendres souvenirs des éditions précédentes. Au cours de notre périple Rochellois, nous reviendrons nous ressourcer à ce jardin (industriel) des possibles si particulier où la magie du Roscella opérait coup sur coup.

Ces mots sonnent comme une réminiscence de nos explorations et joies musicales passées. On se souvient notamment du live magique de Cotonete lors  une douce après-midi dominicale, Jacques dans sa bulle de bois en petit comité, le set de Funkineven infatigable qui a laissé plus d’une trace ou encore, que dire de Jus Ed délivrant une deep-house exquise accompagnée d’un coucher de soleil en arrière-plan, Folamour retournant l’espace du Gabut ou encore Marcellus Pittman clôturant le festival. La liste est longue et ne cesse de se rallonger au fil des années.

Tous ces doux souvenirs ne sont que trop loin et se font désormais petit pour laisser place à ceux de cette édition. L’équipe Electrocorp s’éprend d’amour à venir festoyer chez nos voisins, et ne peut qu’être fidèle à cet esprit si familial que dégage le Roscella.

« Je t’aime, je t’aime, à la folie, je t’aime » Seydinah

Les obligations professionnelles de la rédaction ne nous permettent qu’un départ tardif et donc le manquement des principales allégresse de la soirée. Démarrage en trombe de l’équipe Electrocorp à 20H30, façon « Signatune », à 4 dans la clio surchargée, crissement de pneus et toute berzingue en direction de La Rochelle. Objectif : arrivé pour le set de David Vunk, le zigoto hollandais, rarement de passage chez nous. Objectif réussi. Nous arrivons pour les derniers instants du live de Guts accompagné des Akaras de Scoville, l’occasion d’assister aux classiques du répertoire tels que « Man Funk » ou « And The Living Is Easy ». L’espace de quelques secondes nous suffisent pour nous mettre dans le bain. Fastoche au Roscella, me direz-vous !

S’en suit donc l’arrivé de David Vunk, arborant son plus beau débardeur « Discipline », soupçon d’ironie dans l’air. David régale, David étonne, David impressionne, David s’amuse, David prend sa poker face, David surprend, David détonne. Bref, un savoureux mélange d’italo, de disco, de tracks percutants aux sonorités rétro si habituels au patron de Moustache Records, la recette parfaite en somme. Entre classiques oubliés et nouveautés surprenantes, le set de David Vunk sonne rond et la mayonnaise prend. En tendant l’oreille, quelques titres nous viennent en tête :

Il est 01h, monsieur David se fait prier pour arrêter la zizanie qu’il a créée. On rentre donc s’aventurer dans la nuit sous haute tension des quartiers de La Rochelle (dixit 90’min enquêtes sur TMC).

Professionnalisme de l’équipe de rédaction sans limite, nous avons décidé cette année, comme pour mettre un soupçon de surprise dans notre week-end d’aventure, d’expérimenter le camping du festival. Qu’est ce qu’un festival sans son camping ? Vous l’aurez compris, il en devient difficile pour nous même de se renouveler.

L’occasion de faire de belles rencontres, entre habitués du coin et nouveaux venus, nos voisins belges en déplacement pour le festival seront nos confrères du week-end. Un camping situé à deux minutes du festival, équipement fonctionnel et ambiance garantie.

« Felindra, Tête de Tigre »  Monique Angeon

Samedi – 14h. Direction le vieux port pour la Boat Party, hosted by Trax. El Maestro « Master Phil » prend la barre pour 3 heures d’expérimentations avant-gardistes sur mer. Au détour, d’une rue, on croise nôtre maître de cérémonie (à la bourre et qui se hâte), l’occasion de papoter moteurs et abonnements SNCF. En voilà, une des spécificités du Roscella, un festival à taille humaine où l’on se sent bon d’échanger avec les artistes. Pas de VIP.

Somme toute, nous embarquons et larguons les amarres en ce début de chaude après-midi. Ce qui se révèlera comme la prestation du week-end reste encore gravée dans nos mémoires. Une incroyable performance musicale et show-man de Master Phil. Dernier point important au regard de la rareté d’hurluberlu dans la scène électronique alternative où l’ambiance décomplexée se fait rare. Mr Phil éclabousse de son répertoire, fort d’un éclectisme à toute épreuve. En effet, la qualité de digger, additionnée à celle de performeur ainsi que l’énergie hors du commun, le tout entre Fort Boyard et l’Ile d’Oleron relève de l’exploit.

On se délecte donc d’une croisière musicale dans tous les sens du terme, traversant les époques, les styles et les régions du globe. Un pertinent méli-mélo de sonorités, finement mis en bouche. S’y orchestre donc la compagnie Créole aux cotés Don Laka en passant même par Chris Rea. El Maestro, micro en main, pousse même la chansonette de temps à autres sur les propres morceaux qu’il joue, et ça défonce.

On notera le peak time du set à l’aide d’un des nombreux hits de Bob Sinclar. Chapeau, vraiment, chapeau. Faire du neuf avec du vieux, c’est l’essence même du travail d’un dj. L’originalité et l’intensité de ce set nous permettent de constater une preuve d’une nouvelle vague de prestations aux limites élargies. Sans rire, on assiste ici à une première, une certaine révolution du djing dans ce microcosme aux ressources vivaces.

« Tropique au compteur, change pas le moteur » Muriel Dacq

A peine arrivé sur terre ferme, un léger break s’impose avant de refoncer tête bêche sur le festival. Un détour par le vieux centre de la Rochelle, ses ruelles, ses bars, son charme. Roscella Bay, on t’aime.

Retour sur le festival en début de soirée, l’occasion d’y voir la Coréenne, 박혜진 Park Hye Jin pour son set. Une véritable définition de la House actuelle. Cette énergie mielleuse, douce comme ce début de soirée se dévoile comme une mis en jambe appropriée.

Mais nos regards se tournent rapidement sur la seconde scène du Roscella. Une scène plus intimiste, au caractère plus prononcé. Jamie 3:26, y joue alors depuis un moment et n’est pas prêt de s’arrêter. On y restera quasiment jusqu’à la fin, l’âme du Roscella se ressent définitivement de ce coté ci. Entourée de végétation et lumières colorées (celles de la guinguette du coin), l’ambiance bon enfant, comme la fête de bons copains dans le jardin à coté du barbecue, s’immisce alors dans l’attitude des festivaliers. Jamie 3:26, dans ses pompes comme pas deux, amuse la foule, joue tantôt classique Disco que l’on peut retrouver sur Nostalgie tantôt pépites inconnues. A mille lieux d’être ringard ou mainstream, les plus téméraires font résonner leur octaves et se délivrent de toute retenue. Bref, on s’y sent bien. Comme toujours au Roscella.

Tandis que Tom Trago, dernier de la liste de la soirée du samedi, se fait plaisir sur la grosse scène. Fidèle à son image, le néerlandais joue tantôt House mélodieuse, colorée tantôt Dream-House rythmée et féminine. Difficilement résistible à l’envie de taper du pied. L’homme assure son set et instaure une osmose merveilleuse pour clôturer la soirée. Une fois de plus, le groove est toujours là. On peut notamment se demander si les artistes proposent des sélections plus funky pour le Roscella. En effet, quasi tous les sets s’attachent à un fil directeur particulièrement groovy, passant en rayon toutes les genres et sous-genres. On dit pas non, on demande même du rab.

« Quand l’un répond à l’autre, tu dis qu’il est des nôtres » Pierre Vassiliu

Retour sur la bay, pour une après-midi dominicale survenue trop tôt. Au fil des jours, nos corps s’épuisent et il en devient difficile de suivre la cadence. Nous voilà donc au rapport vers 18 heures, pour le live de Mangabey. Figure française de la House actuelle, le toulousain manque à l’appel pourtant et a visiblement été remplacé dans le programme par BLU SAMU programmée à 17h.

« T’inquiète de la marque de vélo, pédale je te dis » me glisse -t-on dans l’oreillette.

Représentante de la scène Rap & Hip Hop Belge particulièrement mis en lumière par le Roscella ces dernières éditions. L’artiste émergente impressionne de maturité et répond aux attentes du public. Une prestation live bien ficelée On tendra l’oreille pour profiter de ce set mais l’heure est à la détente dans les nombreuses créations du festival, tout de bois récupéré.

<img class= »aligncenter wp-image-74073 size-large » src= »https://electrocorp.fr/wp-content/uploads/2019/11/70884519_2551306441581733_7702809590932439040_o-1024×683.jpg » alt= » » width= »840″ height= »560″ />Noix de Coco et tropique. La fin de journée approche, la température ambiante demeure plus que confortable et, coucher de soleil en prévision, les couleurs rouges et mauves teintent le ciel bleu au rythme de l’intro de Folamour. Fort d’une prestation remarquable en 2017 , le lyonnais en vogue depuis quelques années et désormais globe-trotter à force de sillonner les clubs du monde entier, pose donc ses valises le temps d’un set sur la bay. Vu le cadre, difficile de résister.

La scène se délocalise alors et le dj booth est disposé devant la scène, proximité avec le public optimale. C’est simple, c’est le kiff. S’il y a bien un moment à retenir lors de ce Roscella Bay 2019, c’est celui-là (ainsi que le Boat Party avec Master Phil mais très exclusive). Résumé sonore à l’appui. On retrouve alors, cette atmosphère si particulière et habituelle au festival. Un dimanche comme ça, on n’en vit pas deux. 2 heures de set épuisantes et l’énergie follichonne qui se dégage autour du dj booth aura raison de nous. On sent indéniablement les derniers frissons du festival glisser entre nos corps suants en mouvement tandis que la pénombre s’installe progressivement. Ayé, c’est bientôt fini.

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Et pour clôturer, le spectacle, la tête d’affiche se présente sur scène sous les houlas d’un public en ébullition. Pat Thomas &amp; Kwashibu Area Band, légende ghanéenne du High Life , délivre une étourdissante performance. Une surprise par autant de vitalité de la part de l’homme (de 72 ans) qui habite réellement la scène, propageant une réelle joie. Une prestation live remarquable et mémorable. Une fois de plus, un live particulièrement dansant et l’ambiance se veut alors expressément bon enfant. C’est lors de ce dimanche soir, clou du spectacle, que l’on retrouve toute la saveur du Roscella, si singulière.

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<p style= »text-align: left; »><strong>En quelques mots, le Roscella navigue désormais dans la cour des grands avec ce nouvel espace. Les ambitions évoluent, c’est indéniable. Malgré ces transformations significatives en termes de capacité, d’installations et d’organisation, l’âme si unique, persiste. Une recette miracle peut-être détenu par l’équipe, qui sait.</strong></p>